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| 22 juin 2008

 

Déclaration.

 

- " Il était minuit et demie. Plus proche de trente cinq que de trente. Je portais des chaussures blanches. Des baskets de ville. J'avais un peu mal à la gorge. J'ai cru, en rentrant chez moi, que j'avais oublié mes clés. Elles étaient dissimulées entre une enveloppe et un tee-shirt. Je suis rentrée dans l'appartement. J'ai enlevé mes chaussures - d'abord la gauche, ensuite la droite. D'habitude je commence toujours par la droite, pas la gauche. J'ai quitté mon pull, mes boucles d'oreilles. J'avais chaud, il faisait lourd. J'ai refermé les verrous de l'entrée, j'ai marché jusqu'à la cuisine. J'ai allumé la lumière, ouvert le frigidaire...

 

- Et ?

 

- J'ai bu un verre de lait de soja."

 

Est-il utile de préciser, dans ce formulaire déclaratif dont personne n'a strictement rien à faire, qu'ensuite je me suis couchée et que j'avais l'esprit un peu dérangé par les relents de ma mélancolie journalière ? Rien-à-signaler Monsieur le Docteur. Comme quelques millions de gens, je vis une vie de parfaite névrosée à tendance suicidaire, et je n'ai rien à raconter.


Publié par Mrs Green à 16:58:36 dans Etude des rapports entre anatomies conscientes | Commentaires (0) |

| 20 juin 2008

Influx.

 

- "Y' a un bugue.

 

- Ouais.

 

- On fait quoi ?

 

- Bah. On débugue.

 

- Ah. Oué.

Et on fait comment pour débuguer ?

 

- Bah ché pas. On le fait, quoi. On débugue.

 

- Ah oué. Ok.

 

- ...

 

- Ca bugue."

 

 

 

 

 

Cher H., être de l'évolution sphérique influtaxique, mouvementique, incroyablement é.n.e.r.g.i.q.u.e,

 

Veuillez trouver ci-dessous le compte rendu de mes dernières vingt-quatre heures molles, sans entrain.

Le stage en molesse que vous m'avez recommandé m'a été incroyablement bénéfique. Sur vos bons conseils j'ai regardé des matchs de foot en mangeant des brocolis. Et ensuite, ainsi que vous me l'avez conseillé, j'ai suivie mes idées dé-barbelées: je suis partie faire du vélo sur une place parisienne à trois heures du matin, j'ai acheté une cloche à gâteau rose. J'ai fait l'amour quatre ou cinq fois, et j'ai jeté de l'eau par la fenêtre - le crâne roux d'une amie a gracieusement réceptionné. Entre temps, j'ai fait des nattes avec mes cheveux et j'ai insulté un pépé bassement croûté.

 

Merci.

 

Il y avait longtemps que je ne m'étais plus sentie aussi vivante.

 

 





Publié par Mrs Green à 17:05:43 dans Etude des rapports entre anatomies conscientes | Commentaires (1) |

| 07 juin 2008

 

De la gratuité d'être un optimiste chronique.

 

 

- "Le titre est lourd."

 

Lourd. Comme moi, lourde. Comme le temps. Mois de juin pourri, dans cet ailleurs impossible. Je ne sais pas... un "temps rien du tout". Mais va. Je l'aime comme ça, la saison. Maussade et triste.


Tu vois j'étais en train de me dire, en regardant la photo de ton jardin (magnifique jardin), que les femmes qui travaillent depuis dix ans ou plus dans la même entreprise ont quelque chose de rassurant. Et plus encore lorsqu'elles ont de grosses cuisses, des lunettes de vue dont la monture, noire, a les branches mouchetées de blanc. Qu'elles ne mesurent pas plus d'un mètre soixante trois et qu'elles portent de petits talons. Je les repère à des mètres et les regarde attentivement. Elles freinent mes angoisses. Je pensais à elles en regardant ton jardin. Ce sont elles qui ont les plus jolis jardins, les plus réguliers. Les mieux entretenus. Leurs fleurs respirent la constance, la chaleur parfaite, l'été merveilleusement passif. Rajoute à cette harmonie consciencieuse les enfants. Leur rire, leurs délires dans les jardins. D'eux s' émane la vie tranquille, la vie qui passe gaiement. Qui suit un cours dont la fin n' effraie personne. La famille continue à croître, les photos à se multiplier, les fleurs fanées renaissent paisiblement sur les restes de leurs aînées.

 

Ces femmes, dont l'important tour de hanche est à la mesure de tous les aspects fluctuants de la vie qu'elles sont prêtes à supporter jour après jour, ces femmes me rendent à la douceur de l'enfance, à la chaleur d'un sein énorme contre lequel je me blottis largement. Ce sont des arbres tu vois. Elles périssent comme le reste, mais leur corps que je croise dans la rue et duquel s' émane leur admirable constance me rend toute entière à mes joies candides et à mon insouciance trop souvent lointaines.

 

Ca ne te dit rien ce que je raconte ? T'as pas du café ? J'ai envie d'un café. Et de dormir.

 

J'étais en train de pleurer hier soir, j'ai rêvé de cet homme qui se mariait. Des palabres idiotes: "quelqu'un qui aime vraiment une personne se voit heureuse qu'elle se marie avec la personne qu'elle aime". Je m'en fiche. Je veux un café, et que tout le monde sache que je griffe la mariée si elle n'est pas moi. C'est ça aimer c'est vouloir posséder. T'es pas d'accord ? La sagesse. La sagesse quoi ? Je ne suis pas parfaite, pas sage. J'aime en malheur, en jalouse. La fille normale quoi. Je n'aime pas être raisonnable, raisonnée. La tempête rend aux naufragés les bateaux les meilleurs. C'est certain nous savons le mien coulé depuis longtemps.

 

J'avais envie de chialer, la malheureuse. C'est le temps. C'est lui ou personne. La solitude des sexes. Je sais pas, tout ça. Fumeries, va. La vérité c'est l'autre, cet inconscient. Y voit que dalle l'ingrat.

 

Dans tous mes états. Pas fichue de voir autre chose que ma tristesse. Il se marie ! Je ne vois pas son visage, à elle. Elle est une tâche de velours vert, un truc qui désordonne les sens, qui me donne le vertige pendant que je pense au tragique de ma vie. Pendant que je pense que je l'aime toute seule. Dans mon coin.

La vilaine, oh la vilaine !

 

C'est comme ce jour où tous les gamins étaient autour de moi à vouloir déchirer ma robe et mes collants. J'avais les cheveux courts. Ils me traitaient de garçon. De vilain petit garçon et me ruaient de coups. Elle l'a pas volé, elle est toujours en retard ! L' humiliation échelle grand public. La honte servile qui s'alimente avec sa solitude. L'enfer quoi.

 

Elles sont où les mères-constance ? Les mamans larges qui portent talons et lunettes ? Ils sont où les goûters du quatre heures, les dessins animés et les devoirs faciles dans le cahier ? Tu racontes quoi ? La mauvaise psychologie à retardataire. T'es à la bourre, ma vieille. Il vaut mieux mettre des capotes et niquer sauvagement. C'est fini Walt Disney !

 

Elle est drôle, la remontrance.

 

Bon.

On se marie quand, alors ?

 

 

C'est chez toi, la photo du jardin ? Il est beau ce jardin. Ca me fait penser que je n'étais pas venue chez toi depuis longtemps maintenant. J'avais oublié comme j'aime être dans tes bras. Ils me rassurent, tes bras.

 

 

 

 

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Publié par Mrs Green à 16:38:03 dans Troubles fréquents de l'encéphale | Commentaires (0) |

| 04 juin 2008

 

L'autre, cet éternel inconnu.

 

Des territoires immérités ont été pillés. Ravagés. Et finalement ont disparu sous les cieux immolés, crevés par la puissance de l'autre, l'autre destructeur. Joli sacrifice mon petit ! Tes rêves valent moins que l'impuissance de tes désirs. Tu marcheras voûtée comme tous les autres. Les autres.

 

L'autre est appelé à la barre. Devant une justice molle plaide sa cause. Apathie d'un genre qui n'a plus à se défendre.

 

------------- L'autre, accusé de venir vous pourrir les os, vous arracher la vue, vous bouffer les tempes, vous voler vos joies. Accusé d'avoir brûlé vos chairs et vos espoirs. ------------------

 

L'autre rigole lentement.

 

----------- Est également retenu contre L'autre: sophismes divers, palabres dégueulasses, immondices verbaux, nuisances psychologiques, déchirements vaginaux.--------------

 

Du beau, du sublime, de l'inattaquable. Car quoi ? L'autre s'ignore et applaudit débilement devant la foule absente. Si encore le public versait sa haine sur cet ignoble personnage ! Mais la foule, les autres restent invisibles et muets. La foule est blême - n'existe pas.

 

Le méchant s'affale et pense à d'autres outrages. La victime est morte déjà - où est-elle en fait ? Mais déjà plus depuis longtemps !

 

Oh.

 

Cher Amis,

 

Je donne un dîner chez moi, le 16.

 

 

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Publié par Mrs Green à 17:42:55 dans Troubles fréquents de l'encéphale | Commentaires (0) |

| 30 mai 2008

(Newspaper.

 

J'ai marché dans la nuit et en rentrant quoi ? J'ai trouvé des vipères dans mon lit. ) 

 

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Publié par Mrs Green à 22:49:54 dans Troubles fréquents de l'encéphale | Commentaires (1) |

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Mademoiselle T.

 

[Docteur en rouages illogiques et inexistants,

Spécialiste en inutilités diverses et variées]

 


............................................................

 

Spécialisée dans la résolution de non-problèmes de type:



Incohérences cérébrales et stomacales,


Crises aracno-dépresso-haribo phobiques,


Imaginaire systémique à tendances dissymétriques,


Blablabla et gnia gnia gnia.

 

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