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| 29 juillet 2008

Vacances.

 

 

 - " On est quel jour ?

 

 - Mardi.

 

 - Ah.

 

 - ...

 

 - Tu veux un chocolat ? Une glace ?

 

 - Non.

 

 - Moi non plus.

 

 - Il est quelle heure ?

 

 - Je sais pas. J'ai fait un cauchemar cette nuit: une invasion de mites partout dans Paris - jusque dans mon lit, truc horrible.

 

 - Ah oui ?

 

 - Oui.

 

 - On fait un thé ?

 

 - Oui.

 

 - C'est moche, une mite. 

 

 - Tu as sommeil ?

 

 - Oui.

 

 - On dort ?

 

 - Oui."
 

Publié par Mrs Green à 22:09:54 dans Etude des rapports entre anatomies conscientes | Commentaires (3) |

| 28 juillet 2008


Publié par Mrs Green à 12:44:02 dans Névroses dissolvantes | Commentaires (0) |

| 28 juillet 2008


Publié par Mrs Green à 12:43:34 dans Névroses dissolvantes | Commentaires (0) |

| 28 juillet 2008

 

Nettoyage.

 

 

Le magasin est étroit. Les vêtements, poussiéreux d'une présence qui se déploie sur une quinzaine d'années, s'entassent en créant des montagnes informes. Le gérant, chétif et d'aspect négligé, nous regarde timidement avant de lancer, non sans quelque éclat de joie:

 

- " Beau travail ! C'est nettement mieux maintenant ! Je vous offre deux tee-shirt chacune !" - ( Dans notre grande mansuétude, tâchons d'informer l'improbable lecteur que nous travaillons sous gage de solidarité. Une envie, un besoin bénins d'aider le drôle énergumène en charge du dépôt-vente.)

A dire vrai, les vêtements n'ont guère changé d'état. Bien qu' "ordonnés", "triés" , les piles grandissantes s'échouent largement sur le sol que constituent d'épais tas de poussière et d'objets aussi informes que sales, gras et parfois coupants. Le gérant, au milieu de son foutoir à chiffons pluri-gammes, boit un café et répond, par des bruits gutturaux, à ses clientes hautement toilettées qui s'affairent à d'incessants monologues dont la vacuité fait parfois trembler nos lèvres. Les conjectures insipides de nos dames se géométrisent à l'instar des vêtements et leurs échos viennent s'échouer dans la tasse de notre employeur.

L'une d'elle, dont la luxueuse notoriété s'épanche jusque sur les étiquettes de ses semelles, appuie le compliment du patron:

 

- " Quel courage, tout ce travail ! Mais... il est nécessaire de trouver comment séparer les "tas" afin que les clients ne détruisent pas tous vos efforts..."

 

Après que ma réponse à la question de mon amie "tu as apporté la bétonnière ?" se soit faite par la négative, je réponds à mon interlocutrice à l'aide d'outils dont ce genre d'être raffole: gémissements, plaintes qui s'étirent dans des commentaires affligés sur le genre humain en général "incapable de respecter la propriété de l'autre, méprisant dans son désintérêt pour tout ce qui l'entoure... rien à faire, rien à faire: nous les subissons, ces parvenus!". Elle m'adore, me brosse la peau avec d'éminents sourires et renchérit en usant d'anecdotes tirées directement de son expérience personnelle et auxquelles je compatis avec ma bouche qui se tord, fermée, de bas en haut et de droite à gauche. Ma tête fait écho à ses mouvements.

 

...

 

Il est midi, il fait chaud et la petite devanture au 53 de la rue Monge absorbe énergiquement l'augmentation des degrés celsius. 37, 38, 38.5 ...

 

 

 

 

 

 

Publié par Mrs Green à 12:05:27 dans Etude des rapports entre anatomies conscientes | Commentaires (0) |

| 17 juillet 2008

 

 

"The Itsy bitsy spider went up the waterspoot.

Down came the rain and washed the spider out.

Up came the sun and dried us all the rain.

The Itsy bitsy spider went up the spoot again."

 

- "Voilà ! Voilà tout ce dont j'ai toujours rêvé ! Cuillères en argent, ragondins crevés. Empaillés. Tiares en diamants, entrelacs de soieries... Comblé ! Je suis comblé !"

Le Roi chat se pare de bijoux. Il éventre des rongeurs, les évide, et se couvre le corps avec les restes. Il met sa tête entre ses pattes et achève de couronner son déguisement en poussant un miaulement guttural dont la résonance, caverneuse, parfait son costume de tyran. La cour, qui se compose de quelques félins matois et perfides, trouve dans les procédés de son despote les moyens de parfaire ses intérêts.

 

" Tienes que venir con migo, gato mio. Te peino el cuerpo...asi que con mis munecas. Estas encantado. Asi que yo."

 

Chat despotique ! Roi d'une jungle pour toi délicieuse: mon appartement. Je t'adore quand tu te frottes contre mes jambes encore imprégnées de l'eau de la douche. Mes jambes humides comme les crânes des passants que je ne manque pas, innocemment, d'arroser en même temps que les fleurs du balcon. Tu t'y frottes et tu ronronnes fort, oubliant - chat étrange- que tu détestes l'eau.

Je sais bien, le gato, que ton seul plaisir à toi c'est toi et c'est ce que moi je peux faire pour toi. Être une jambe contre laquelle tu te donnes des caresses, une main qui te nourrit chaque matin, une brosse qui te masse largement. Tu ne penses qu'à toi. Je le sais, le chat. Je me soumets à toi, moi qui comme toi ne pense qu'à ce qui à trait à moi. Je m'avoue parfois, désirer faire partie de ta cour bruyante. Qu'on me donne à manger un peu. Que je miaule comme une déjantée, soumise au bon vouloir du prince. A ses volontés. Les soumis n'ont pas besoin de penser pour agir. Ils agissent ailleurs qu'en eux-mêmes. Ils agissent pour un autre d'abord, et développent cette intelligence que possèdent les rats: ils se faufilent devant des yeux aveugles pour chercher les restes. Ils se cachent derrière leur hypocrisie, ils s'avancent en silence et se crispent au moindre pas. Un rat ! Un rat oui ! Pourquoi pas tiens ! J'en ai assez de recevoir les haines que reçoit par derrière l'étoffe le tyran, j'en ai assez de me couvrir, le soir, de vos sourires narquois à vous les affamés. Laissez-moi vous rejoindre, faire corps avec vous comme le chat pénètre ma jambe pour mieux la mordre avec son estomac.

 

Je m'apprête à passer devant un tribunal. Celui qui préside à mon jugement a les doigts amputés. Le public qui assiste aux instances me regarde, se moque. Je ne bouge pas et pourtant ! j'ai l'air d'un pitre. Ma seule apparence les rend fous, ils sont prêts à m'avaler. Je rêve.

J'entends le chat, mon gato qui monte à la gouttière pour jouer avec les araignées. Il me voit m'éveiller et vient me lécher les pieds. Je ne sais plus très bien, il doit être cinq ou six heures du matin. Curieusement, je sens mon corps bouger sous les draps.

 

 

 

 

 

Publié par Mrs Green à 20:40:27 dans Troubles fréquents de l'encéphale | Commentaires (2) |

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Mademoiselle T.

 

[Docteur en rouages illogiques et inexistants,

Spécialiste en inutilités diverses et variées]

 


............................................................

 

Spécialisée dans la résolution de non-problèmes de type:



Incohérences cérébrales et stomacales,


Crises aracno-dépresso-haribo phobiques,


Imaginaire systémique à tendances dissymétriques,


Blablabla et gnia gnia gnia.

 

- Consultations sur rendez-vous -

 





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